Que ce soit le reflet d'un optimisme qui ne serait pas de mise, ou celui d'un réel frémissement, je suis convaincu que certains "décideurs économiques" sont prêts à faire quelque chose pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de l'entité qu'ils ont sous leur contrôle, même si cela leur demande un peu d'argent, de sueur ou de temps (et souvent les trois en même temps !).
Après tout, ils sont aussi, parfois (!), parents, ou grand-parents sincèrement préoccupés par les conséquences de nos actes actuels, ou conscients que leur propre bien-être pourrait être quelque peu malmené dans un environnement gravement déstabilisé, ou encore parfaitement conscients de ce que certaines économies d'émissions sont aussi synonymes d'économies financières, ou conscients de ce que "l'entreprise citoyenne" gagne sur bien des tableaux (bien-être des salariés, image auprès des candidats, des clients...), ou conscients de ce qu'une entreprise qui est largement dépendante des combustibles fossiles est vulnérable sur le long terme, ou simplement désireux d'avoir un comportement "citoyen" ; bref il existe très certainement une fraction non négligeable - et sans aucun doute croissante - de ces "décideurs" qui, pour des raisons diverses, "veulent faire quelque chose".
Mais cette volonté, pour pouvoir être mise en oeuvre, doit s'appuyer sur la mesure (il n'y a pas de progrès possible sans mesure). Il faut donc estimer les émissions de l'entité qu'ils dirigent avec suffisemment de détails pour qu'ils puissent réfléchir à la meilleure manière d'agir à leur niveau pour faire baisser les émissions dont ils sont à l'origine.
En effet, si le détail des émissions par grands secteurs d'activité ou grand poste est désormais connu, ce n'est pas suffisant pour donner les marges de manoeuvre d'un acteur individuel donné.
C'est dans cet esprit que des méthodes commencent à voir le jour, permettant de mesurer les émissions, préalable indispensable à toute action de réduction quelle qu'elle soit, et dont la simple réalisation fournira souvent - du moins c'est mon expérience - des suggestions de réduction auxquelles on n'aurait jamais pensé sans cela, et surtout permet de savoir "ce que l'on gagne" et à quelles conditions.
Les deux démarches les plus abouties dont j'ai connaissance sont les suivantes :
une initiative du World Resources Institute et du World Business Council for Sustainable Development, a priori très orientée "grandes entreprises", avec le souci d'avoir une vision très nette des émissions dont l'entreprise est directement responsable mais d'une mise en oeuvre peu adaptée pour estimer rapidement les émissions sur un périmètre plus large. Les documents de travail peuvent se télécharger sur le site www.ghgprotocol.org.
une méthode réalisée par votre serviteur pour l'ADEME, probablement assez complémentaire de la précédente (et en tous cas compatible avec ses principes généraux), et qui est décrite ici dans son principe. Je serai bien entendu ravi d'en discuter avec toute personne intéressée...
Vous "voulez faire quelque chose" ? La mesure des émissions dont vous êtes directement ou indirectement à l'origine est un bon premier pas, et d'expérience, vous serez surpris par les perspectives offertes par les résultats !