La lune

Manicore

Documentation > Energie > Energie > Kikadissa ? (janvier 2009)

kikadissa ?

date de dernière modification : janvier 2009

site de l'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com

***

Cette page est partie d'un jeu : on fait lire à "quelqu'un qui ne sait pas" une des phrases ci-dessous, et après on lui demande "qui c'est qu'a dit ça ?" (ou plutôt qui l'a écrit). Evidemment, si on a choisi cette phrase là et cet auteur là, c'est que dans 99% des cas votre interlocuteur aura le plus grand mal à trouver ; c'est tellement surprenant ! Faites le test, vous verrez, c'est un bon moyen de surprendre sans rien déformer dans les propos d'autrui.

Comme je suis soucieux de vous renvoyer aux sources, j'ai également mis en téléchargement les documents dans lesquels vous pourrez vérifier, si vous avez quelques heures à perdre, que les citations y figurent bien. Ce qui est dit est dit, mais ce qui est écrit est quand même bien plus engageant !

***

Yves Bamberger (directeur de la R&D d'EDF) et Bernard Rogeaux, Revue de l'Energie, janvier-février 2007

L’intérêt d’une approche fondée sur les grandeurs physiques est qu’elle est particulièrement robuste, puisqu’elle ne fait appel ni aux prix, ni aux coefficients d’élasticité de la demande et de l’offre aux prix. Ces derniers sont en effet difficiles à évaluer surtout pour un avenir qui n’a pas de raisons de ressembler au passé : l’économétrie sur le passé est de peu de secours dans la prospective à long terme dans des contextes radicalement différents. L’approche physique permet d’identifier et de quantifier les contraintes que les mécanismes de marché auront à gérer.

[un] scénario « tendanciel - vertueux » risque donc de n’être pas suffisant pour mener une politique soutenable : d’abord parce qu’un recours massif au charbon apparaît nécessaire dès 2020, à un horizon où la capture - stockage du CO2 ne sera pas encore opérationnelle, et aussi parce que dès 2040 le monde est confronté à de grandes difficultés pour satisfaire la demande énergétique, avec une offre énergétique mondiale qui ne pourrait plus suivre la croissance de la demande, voire même qui pourrait décroitre.

Nos simulations montrent donc que la situation énergétique mondiale est porteuse de risques considérables, même si sont développées dans les prochaines années les politiques énergétiques tendanciellement vertueuses actuellement préconisées. Ces politiques ne permettront pas d’anticiper à temps les tensions.

Lorsque les tensions mondiales se concrétiseront, chaque région du monde sera dans l’obligation d’élaborer des plans d’urgence, en s’appuyant sur ses ressources propres (...) l’Europe qui ne dispose ni de réserves fossiles et fissiles, ni de l’espace nécessaire à un développement massif des ENR, sera dans une situation particulièrement fragile.

La question n’est donc plus de savoir si l’Europe peut encore éviter la coûteuse reconfiguration de son système énergétique, la question est plutôt de savoir à quel moment elle sera faite : soit elle commence dès maintenant, dans un contexte encore relativement stable et pacifié et alors que nous disposons encore de l’accès à des énergies abondantes et bon marché, soit elle se fera dans l’urgence alors que le pétrole aura commencé à décliner et que le monde connaîtra de graves tensions économiques et militaires.

***

Shell Energy scenarios to 2050 ; www.shell.com

Extraits du scénario "Scramble", qui est le scénario "business as usual" :

National governments, the principal actors in Scramble, focus their energy policies on supply levers because curbing the growth of energy demand - and hence economic growth - is simply too unpopular for politicians to undertake.

In Scramble, major resource holders are increasingly the rule makers rather than the rule takers. They use their growing prominence in the world to influence international policies

In Scramble, a typical three-step pattern begins to emerge: first, nations deal with signs of tightening supply by a flight into coal and heavier hydrocarbons and biofuels ; then, when the growth in coal, oil and gas can no longer be maintained, an overall supply crisis occurs ; and finally, governments react with draconian measures - such as steep and sudden domestic price rises or severe restrictions on personal mobility with accompanying disruptions in value chains and significant economic dislocations. By 2020, the repetition of this volatile three-step pattern in many areas of the energy economy results in a temporary global economic slowdown.

The focus on maintaining economic growth, especially in emerging economies, leaves the climate change agenda largely disregarded. (...) The emerging economic pressures of energy supply and demand tensions make it even more difficult for politicians to act until they are forced to, despite their ongoing rhetoric of concern.(...) Eventually, this lack of action creates fertile conditions for politically opportunistic blame for extreme weather events and supply crunches - and triggers knee-jerk, politically-driven responses. These are not only late, but often too small to make a difference on the demand side.

By 2030, healthy economic growth is restored, with particular vibrancy in the new energy sector that has received a massive stimulus to innovation through this difficult period (...) But the restoration of economic growth means that vigorous energy consumption resumes with its accompanying rebound in CO2 emissions - and concentrations are already high.

An increasing fraction of economic activity and innovation is ultimately directed towards preparing for the impact of climate change. Having avoided some hard choices early on, nations now recognise they are likely to face expensive consequences beyond 2050.

***

 

Claude Mandil, ancien directeur de l'Agence Internationale de l'Energie, dans un rapport rendu au Premier Ministre en avril 2008 :

De fait les perspectives dans ce domaine sont très préoccupantes pour le pétrole et le gaz. La sécurité à long terme de l’approvisionnement mondial en pétrole n’est pas assurée.

Bien que les ressources géologiques soient sans doute plus importantes que ne le prétendent les pessimistes, il est de plus en plus communément admis que la production mondiale aura du mal à dépasser les 100 millions de barils par jour (contre 87 aujourd’hui) alors que la prolongation des besoins tendanciels conduit à une demande d’environ 120 mb/j en 2030 (AIE, World Energy Outlook). Le risque existe donc que le monde connaisse une crise pétrolière très sérieuse au cours de la prochaine décennie, avec des prix extrêmement élevés.

***

Jeff Rubin and Peter Buchanan, October 2008, in What's the Real Cause of the Global Recession ?, CIBC World Markets

Four of the last five global recessions were preceded by [an oil shock]. Yet the recent spike in oil prices doesn’t seem to get any credit for what’s happening to the world economy now. That’s odd because it should.

***

Discours de Rex W. Tillerson, Chairman and CEO, Exxon Mobil Corporation, Woodrow Wilson International Center for Scholars, January 8, 2009 :

There is another policy option that should be considered, and that is a carbon tax. As a businessman it is hard to speak favorably about any new tax. But a carbon tax strikes me as a more direct, a more transparent and a more effective approach.

A carbon tax is also the most efficient means of reflecting the cost of carbon in all economic decisions - from investments made by companies to fuel their requirements to the product choices made by consumers.

A carbon tax may be better suited for setting a uniform standard to hold all nations accountable (...) Given the global nature of the challenge, and the fact that the economic growth in developing economies will account for a significant portion of future greenhouse-gas emission increases, policy options must encourage and support global engagement.

***

 

Retour à l'index
Retour vers le haut de la page