Maioukicausedonktant ?

dernière modification : août 2007

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Il est assez légitime, quand on découvre l'ampleur d'un problème, de se demander "qui d'autre est au courant". A ma modeste échelle, je suis le témoin permanent de ce processus en ce qui concerne le changement climatique et l'avenir énergétique : je peux même dire qu'une intervention réussie est une intervention qui signifie qu'à la fin tout le monde va me demander si "les politiques" sont au courant, si "les patrons" sont au courant, si "les journalistes" sont au courant (beaucoup plus rarement si "la population est au courant" !), etc.

Il est bien évidemment impossible de répondre dans l'absolu à cette question, puisque cela supposerait de faire passer un test de connaissances à tout public pour lequel on se pose la question (mais cela pourrait être intéressant !). La seule information que je possède de manière certaine, c'est la liste des enceintes où j'ai été amené à évoquer mon sujet favori, c'est à dire le changement climatique d'origine humaine, et ses "racines" énergétiques et agricoles.

En espérant que cela ne sera pas pris comme une manifestation de narcissisme intense, je me suis amusé (enfin si l'on veut !) à ranger par catégorie les lieux où je suis intervenu, ou qui sont déjà programmés d'ici à fin 2007 au moment où j'écris ces lignes. Ces statistiques couvrent un ensemble de 313 interventions, réparties comme suit :

Nombre annuel d'interventions effectuées depuis le début 2001 par votre serviteur. Pour 2007, il s'agit bien évidemment pour partie d'interventions programmées mais non encore effectuées ! La "baisse" en 2007 s'explique par une activité professionnelle de plus en plus envahissante...

Bien évidemment, tout statisticien sait qu'avant de compter quoi que ce soit, il faut définir ce que l'on compte et comment on le compte (les statisticiens le savent, mais la presse, les politiques, et le lecteur de journal l'oublient volontiers !). Ne souhaitant pas déroger à une règle aussi salutaire, voici donc, pour "ranger les audiences", les catégories que j'utilise, et les publics auxquelles elles correspondent :

Il y a tout d'abord ce que j'appelle les "milieux économiques" ; sont à ranger dans ce tiroir :

les assemblées générales d'actionnaires (ex. : une caisse régionale du Crédit Agricole),

les séminaires pour cadres d'une entreprise (pas de noms ! ce n'est pas souvent public !),

les "grand'messes commerciales" organisées par une société pour ses clients (ex : Arcelor),

les manifestations, colloques, conventions, etc, organisées pour une activité professionnelle, une interprofession, ou un organisme représentatif (ex : université d'été du MEDEF, assemblée générale des vignerons champenois...),

un club de chefs d'entreprises (ex : APM),

des consultants ou salariés d'entreprise venant se former au Bilan Carbone pour le mettre en oeuvre dans leur entreprise,

etc.

le public peut appartenir au "milieu éducatif et universitaire". Cela recoupe des interventions faites :

pour des étudiants (ex : conférence aux élèves d'une école d'ingénieurs),

pour des chercheurs ou des thésards (ex : ERCA),

plus rarement pour des lycéens.

Ce que j'appelle "fonction publique" désigne un contexte où l'essentiel des auditeurs appartient à la fonction publique nationale ou territoriale, hors enseignement ou recherche bien sûr, comme par exemple :

un colloque pour des militaires,

une journée de formation pour des hauts fonctionnaires,

une journée de formation pour des personnes chargées du développement durable dans l'administration déconcentrée, etc

Le milieu associatif ou syndical regroupe les conférences organisées par une association, qui peut être :

une association de défense de l'environnement (mais sur 270 conférences cela concerne 2 cas de figure, et c'est tout !)

une association de "réflexion citoyenne" (ex. : Clubs Citoyens),

un club (ex. : Rotary),

une association professionnelle ou société savante (ex. : Société Française d'Energie Nucléaire),

un comité d'établissement (ex. : CE de Renault),

une association de quartier,

etc.

Le "milieu politique" s'applique aux manifestations destinées aux membres d'un parti (ex : congrès d'un parti), ou d'une communauté d'élus (ex : élus locaux membres d'un syndicat intercommunal)

Le milieu des médias concerne les manifestations où le public - qui vient bien comme public et non pour écrire des articles - est composé de journalistes en activité (ex. : rencontres Météo-Montagne, Entretiens de Combloux) ou d'élèves d'écoles de journalisme (ex. : DEA de journalisme scientifique à Montpellier).

Enfin les conférences tous publics sont des conférences annoncées de manière un peu large et où "vient qui veut" (pas de formalités d'inscription, accès libre, etc). Par exemple :

une conférence organisée par une municipalité,

une conférence de clôture d'un salon ouvert au public,

etc.

Maintenant que nous avons notre nomenclature, voici comment se présente la répartition par public des 270 interventions mentionnées ci-dessus :

Répartition par nature d'audience des interventions de votre serviteur entre 2001 et 2007

En clair, vu par mon petit bout de la lorgnette, on cause le plus de changement climatique dans les milieux économiques (mais nous sommes encore loin d'avoir atteint le point de saturation !), moyennement dans l'enseignement (et il faudrait en faire plus), un peu dans la fonction publique et le milieu associatif (au risque d'en surprendre plus d'un(e), s'informer correctement sur le changement climtique n'est pas toujours une préoccupation prioritaire de l'adhérent de base d'une association de défense de l'environnement), et très peu dans le milieu politique ou le milieu des médias. Maintenant, il reste à savoir si mon cas est représentatif ou pas...

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