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Maioukicausedonktant ?

dernière modification : août 2011

site de l'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com

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Il est assez légitime, quand on découvre l'ampleur d'un problème, de se demander "qui d'autre est au courant". A ma modeste échelle, je suis le témoin permanent de ce processus en ce qui concerne le changement climatique et l'avenir énergétique : je peux même dire qu'une intervention réussie est une intervention qui signifie qu'à la fin tout le monde va me demander si "les politiques" sont au courant, si "les patrons" sont au courant, si "les journalistes" sont au courant (beaucoup plus rarement si "la population est au courant" !), etc.

Il est bien évidemment impossible de répondre dans l'absolu à cette question, puisque cela supposerait de faire passer un test de connaissances à tout public pour lequel on se pose la question (mais cela pourrait être intéressant !). La seule information que je possède de manière certaine, c'est la liste des enceintes où j'ai été amené à évoquer mon sujet favori, c'est à dire le changement climatique d'origine humaine, et ses "racines" énergétiques et agricoles.

En espérant que cela ne sera pas pris comme une manifestation de narcissisme intense, je me suis amusé (enfin si l'on veut !) à ranger par catégorie les lieux où je suis intervenu, ou qui sont déjà programmés au moment où j'écris ce slignes (fin 2008). Ces statistiques couvrent un ensemble d'environ 400 interventions, réparties comme suit :

Nombre annuel d'interventions effectuées depuis le début 2001 par votre serviteur. Pour 2011, il s'agit bien évidemment pour partie d'interventions programmées mais non encore effectuées ! La "baisse" depuis 2006 s'explique par une activité professionnelle un peu plus envahissante et un refus un peu plus fréquent aux demandes faites !

Bien évidemment, tout statisticien sait qu'avant de compter quoi que ce soit, il faut définir ce que l'on compte et comment on le compte (les statisticiens le savent, mais la presse, les politiques, et le lecteur de journal l'oublient volontiers !). Ne souhaitant pas déroger à une règle aussi salutaire, voici donc, pour "ranger les audiences", les catégories que j'utilise, et les publics auxquelles elles correspondent :

Il y a tout d'abord ce que j'appelle les "milieux économiques" ; sont à ranger dans ce tiroir :

les assemblées générales d'actionnaires (ex. : une caisse régionale du Crédit Agricole),

les conférences pour cadres d'une entreprise (comme par exemple celle que j'ai faite pour Spie et qui peut se visionner à partir de cette page)

les "grand'messes commerciales" organisées par une société pour ses clients (ex : convention d'Arcelor pour ses clients),

les manifestations, colloques, conventions, etc, organisées pour une activité professionnelle, une interprofession, ou un organisme représentatif (ex : chambres de commerce et d'industrie, université d'été du MEDEF, assemblée générale des vignerons champenois...),

un club de chefs d'entreprises (ex : APM),

des consultants ou salariés d'entreprise venant se former au Bilan Carbone pour le mettre en oeuvre dans leur entreprise,

etc.

le public peut appartenir au "milieu éducatif et universitaire". Cela concerne :

mes cours à MinesParisTech,

des interventions pour des étudiants dans le cadre du cursus obligatoire (ex : X, HEC, ENA, ISIGE...),

des conférences en soirée pour des étudiants (ex : X, Centrale, Mines, INSA, etc...),

des cours pour des thésards (ex : ERCA),

des conférences pour des chercheurs,

et, plus rarement, des conférences pour des lycéens.

Ce que j'appelle "fonction publique" désigne un contexte où l'essentiel des auditeurs appartient à la fonction publique nationale ou territoriale, hors enseignement ou recherche bien sûr, comme par exemple :

un colloque pour des militaires,

une journée de formation pour des hauts fonctionnaires,

une journée de formation pour des personnes chargées du développement durable dans l'administration déconcentrée, etc

Le milieu associatif ou syndical regroupe les conférences organisées par une association, qui peut être :

une association de défense de l'environnement (mais sur près de 400 conférences cela m'est arrivé 2 fois, c'est clairement dans ce secteur que la demande est la plus faible !)

une association de "réflexion citoyenne" (ex. : Clubs Citoyens),

un club (ex. : Rotary),

une association professionnelle ou société savante (ex. : Société Française d'Energie Nucléaire),

un comité d'établissement (ex. : CE de Renault),

une association de quartier,

etc.

Le "milieu politique" s'applique aux manifestations destinées aux membres d'un parti (ex : congrès d'un parti), ou d'une communauté d'élus (ex : élus locaux membres d'un syndicat intercommunal),

Le milieu des médias concerne les manifestations où le public - qui vient bien comme public et non pour écrire des articles - est composé de journalistes en activité (ex. : rencontres Météo-Montagne, Entretiens de Combloux), d'élèves d'écoles de journalisme (ex. : DEA de journalisme scientifique à Montpellier), ou de journalistes en formation continue (ex : AFP, FR3...).

Enfin les conférences tous publics sont des conférences annoncées de manière un peu large et où "vient qui veut" (pas de formalités d'inscription, accès libre, etc). Par exemple :

une conférence organisée par une municipalité,

une conférence de clôture d'un salon ouvert au public,

etc.

Maintenant que nous avons notre nomenclature, voici comment se présente la répartition par public des 400 interventions mentionnées ci-dessus :

Répartition par nature d'audience des interventions de votre serviteur, entre 2001 et 2011.

En clair, vu par mon petit bout de la lorgnette, on peut qualifier ainsi l'envie de s'informer sur l'énergie et le changement climatique :

C'est incontestablement dans les milieux industriels qu'elle est la plus forte (mais nous sommes encore très très loin d'avoir atteint le point de saturation) ; au sein du milieu économique les activités commerciales et de services sont beaucoup moins intéressées (elles ont tort : elles vont déguster au moins autant que les activités industrielles !).

l'enseignement et la recherche ont un appétit "moyen" pour des interventions et conférences, et probablement plus marqué dans l'enseignement supérieur que dans le secondaire (et de toutes façons bien plus marqué dans l'enseignement scientifique que dans l'enseignement économique ou littéraire). Les enseignants - et c'est normal - attendent, pour parler d'un sujet, que le programme leur demande de s'y intéresser significativement, et pour modifier les programmes c'est long (bien trop long, pour dire vrai) ; les chercheurs s'intéressent spontanément à cette affaire si elle fait partie de leur domaine professionnel et beaucoup moins dès que ca en sort.

la fonction publique au sens large (administration déconcentrée, préfectorale, etc) n'a pas beaucoup de velléités pour s'informer sur énergie et climat, ce qui est l'une des raisons pour lesquelles on continue d'aménager le territoire avec des règles du jeu complètement inadaptées pour ne pas en prendre aussi plein la figure (économiquement parlant, bien sûr) dans pas très longtemps. Dans ce milieu "on" attend que les instructions le demandent explicitement pour s'intéresser à la question (mais là aussi ce n'est pas très étonnant compte tenu du cahier des charges habituel d'un fonctionnaire),

elle est globalement assez faible dans les "grandes" organisations du milieu associatif ou syndical, où le militant de base considère facilement qu'il en sait déjà assez sur le sujet (et que c'est pour cela qu'il milite), alors que, le plus souvent, il a été motivé pour militer à cause de son caractère (!) ou sur la base d'informations "trouvées dans le journal", qui, hélas, sont très insuffisantes (quand elles ne sont pas franchement inexactes) pour avoir une vue d'ensemble pour prendre de "bonnes" décisions.

elle est globalement très faible (disons qu'elle est beaucoup trop faible compte tenu de l'importance de l'enjeu) au sein du milieu médiatique : je reçois très peu de demandes de la part d'organismes de formation initiale ou continue des journalistes, et très peu de demandes de conférence "intra" de la part de directions de media (et parfois ce n'est pas faute d'avoir proposé !),

elle est globalement très faible au sein du milieu politique : même pendant les universités d'été, nos chers élus s'écoutent les uns les autres, mais n'en profitent pas pour retourner à l'école. Pourtant, comme ce n'est ni à l'ENA ni à Sciences Po qu'ils ont fait suffisemment de physique et de maths pour s'y retrouver facilement dans énergie et changement climatique, ça ne leur ferait pas de mal de prendre quelques cours...

Il est clair que ce qui est indiqué ci-dessus est rédigé à la seule lumière des demandes que je reçois. Pour en faire une généralité, il reste à savoir si mon cas est représentatif ou pas !

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