La lune

Manicore



Entretien paru dans Le Progrès du 25 novembre 2012

site de l'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com

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Propos recueillis par Xavier Frère.

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Que peut-on attendre de la conférence de Doha ?

Jean-Marc Jancovici - Avant tout, que cela donne une occasion de parler du problème aux populations de tous les pays du monde. Quand on sait que l’essentiel des émetteurs (tous les pays sauf la Chine, en gros) sont des démocraties où c’est souvent « l’opinion », donc les électeurs, qui fixent les priorités, il est important que nous acceptions de dire que cette affaire de changement climatique est suffisamment majeure pour que l’on consente à faire des efforts pour qu’il ne devienne pas incontrôlable, même en période de crise.

Le fossé entre la vision des pays occidentaux et celle des nouvelles puissances (Chine, Inde, Brésil…) peut-il être comblé ?

Il s’agit moins d’un fossé que de la conception que chacun se fait de l’équité. Quand vous avez dix saucisses dans votre assiette, vous avez beau jeu d’expliquer à celui qui n’en a que quatre que manger trop de saucisses est mauvais pour la santé, il est peu probable que ce dernier accepte de diminuer sa consommation. Les pays émergents seront sérieux sur le changement climatique quand nous le serons nous-mêmes.

La crise financière n’occulte-t-elle pas les questions environnementales ?

La « crise financière » est le résultat des ralentissements survenus depuis 1974 sur l’approvisionnement pétrolier mondial. Plus nous attendons pour nous attaquer à ce qui, en Europe, n’est qu’un seul et même problème (la dépendance de l’économie aux combustibles fossiles), que l’on prenne cela sous l’angle changement climatique ou sous l’angle crises économiques, et plus la vie sera globalement difficile.

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