Faut-il acheter du bio à tout prix ?

mars 2000

site de l'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com

 

Acheter du bio présente un intérêt qui reste controversé en ce qui concerne l'impact sur la santé et sur l'environnement :

en positif, une absence d'utilisation d'engrais qui ne contaminent donc pas les nappes phréatiques (le cas de la Bretagne étant un exemple malheureux de la situation inverse), situation qui met des dizaines d'années à disparaître (hors arrivée de nouveaux polluants),

en positif, le fait que l'on évite une source d'accoutumance des bactéries aux antibiotiques, proscrites dans les régimes alimentaires bio des animauix d'élevage,

en positif, une intensité en travail qui semble supérieure à celle de l'agriculture traditionnelle (dit en d'autres termes il faut plus de bonhommes pour faire une tonne de blé bio que pour faire une tonne de blé "normal"),

mais en incertain une dépense énergétique qui n'est pas nécessairement moindre : l'agriculture moderne dépense moins d'énergie par unité de masse produite que l'agriculture "traditionnelle", contrairement à ce que l'on pourrait penser (Énergie, un défi planétaire, B. Dessus 1999). Cela étant comme nous mangeons plus qu'avant (et souvent trop ; 50% des Américains sont déjà obèses ou surpondérés) le bon raisonnement se fait à quantité produite constante et non par unité de masse.

Enfin une chose est certaine : acheter des raisins bio venus par avion d'Argentine (j'ai déjà vu cela au marché) ou des haricots verts bio surgelés chez Picard (produits en général dans des pays à bas coût de main d'oeuvre, donc loin de France) induit une dépense énergétique significative pour le transport de la marchandise (par avion dans la cas des raisins) ou pour la surgélation et l'emaballage et le transport (dans le cas des haricots surgelés) dont l'effet négatif (émission de gaz à effet de serre) contrebalance quelque peu l'effet positif (pas d'impact sur les nappes phréatiques, qui en outre sont loin !).

L'achat bio ne permet donc hélas pas de respecter au mieux l'environnement quelles que soient les circonstances : le lieu de provenance et le conditionnement sont notamment déterminants pour savoir si l'on fait une "BA" ou pas : le bio surgelé de chez Picard n'est probablement pas dans la "bonne case".

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